« Kampuchéa Résilience » - Genèse d'un roman qui décrit le mal absolu
« Kampuchéa Résilience, Stigmates de S-21 » Peut-on transformer en fiction l’horreur absolue — l’Holocauste, le Rwanda, le génocide arménien, le Cambodge de Pol Pot — sans la trahir ? Et de quel droit un romancier lambda (qui n'est ni historien ni un grand spécialiste) ose-t-il s’aventurer sur un terrain aussi sensible ? Cette question ne m’a jamais quitté et m’a même suivi à chaque page, avec cette impression tenace d’écrire là où je n’avais peut-être pas ma place. Il ne suffit pas de s'être rendu sur les lieux du drame, avoir foulé ces espaces hantés et avoir rencontré et recueilli la parole de ceux qui en sont revenus pour fonder une légitimité. Quand on n’a pas traversé l’événement, il demeure toujours une distance, une frontière invisible. Les historiens, les rescapés, les témoins portent, eux, une parole née de la recherche exhaustive, de l’expérience ou de la survie ; chacun, à sa manière, a frôlé l’horreur. Alors pourquoi me suis-j...