Articles

« Kampuchéa Résilience » - Genèse d'un roman qui décrit le mal absolu

Image
      « Kampuchéa Résilience, Stigmates de S-21 »    Peut-on transformer en fiction l’horreur absolue — l’Holocauste, le Rwanda, le génocide arménien, le Cambodge de Pol Pot — sans la trahir ? Et de quel droit un romancier lambda (qui n'est ni historien ni un grand spécialiste) ose-t-il s’aventurer sur un terrain aussi sensible ? Cette question ne m’a jamais quitté et m’a même suivi à chaque page, avec cette impression tenace d’écrire là où je n’avais peut-être pas ma place.    Il ne suffit pas de s'être rendu sur les lieux du drame, avoir foulé ces espaces hantés et avoir rencontré et recueilli la parole de ceux qui en sont revenus pour fonder une légitimité. Quand on n’a pas traversé l’événement, il demeure toujours une distance, une frontière invisible. Les historiens, les rescapés, les témoins portent, eux, une parole née de la recherche exhaustive, de l’expérience ou de la survie ; chacun, à sa manière, a frôlé l’horreur. Alors pourquoi me suis-j...

"LA DÉESSE APSARA" Genèse d'un roman énigmatique

Image
(Couverture du roman légèrement modifiée par I.A. pour l'occasion de cet article - l'originale est en fin d'article)   « E T SI LES TEMPLES D'ANGKOR NOUS RÉVÉLAIENT LE PLUS GRAND SECRET DE L'HISTOIRE DE L'HUMANITÉ ? »     « UNE INCROYABLE QUÊTE À TRAVERS L'ASIE DU SUD-EST ! »  ***       N ous étions en février 2018, lors d'un séjour familial au Viêtnam.     C’est à cette époque que s’est affirmée ma volonté d’écrire   cette histoire que je gardais en moi depuis longtemps et dont le Cambodge serait le thème central. D’ailleurs, les trente premières pages existaient déjà, elles dormaient paisiblement dans un tiroir depuis plus de cinq ans. Il ne manquait plus qu’une étincelle pour que ce projet se lance pour de bon.     C’est en 2018 donc, au Viêtnam — pays où j’ai vécu plus de trois ans (en deux longs séjours) dans les années 2000 —, que la décision fut prise. Les plages de sable fin de Mui Né (Sud-Viêtnam), les cocot...

Le carnage de Bokor pendant la colonisation française du Cambodge. Par Vincent Ricouleau, Professeur de Droit

Image
    " Il colle à la peau. Séquestrer la montagne de sa masse gluante et grisâtre ne lui suffit pas. Il lui faut pénétrer les pores de mon épiderme pour que je sache que je suis en sa possession. Fichu brouillard. Je ne vois même plus le feu arrière de la moto de Jérôme.    Depuis quelques minutes, la route en lacets s’enfonce inéluctablement à travers une brume de tous les diables. Tantôt dégagé, tantôt étouffé par la forêt, le chemin menant au sommet du mont Bokor n’est pas de tout repos.    Mon petit guide touristique m’a prévenu que le climat au sommet du Bokor, le plus haut sommet de la chaîne des Éléphants, était très différent de celui de Kampot ; que les 1048 mètres de la montagne transperçaient la plupart du temps la couverture nuageuse, ce que je peux confirmer. D’après celui-ci, il peut carrément faire frais tout là-haut. " Extrait de " La fugitive de Battambang"        " Je n’ai aucun mal à imagin...