"LA DÉESSE APSARA" Genèse d'un roman énigmatique

(Couverture du roman légèrement modifiée par I.A. pour l'occasion de cet article - l'originale est en fin d'article)


  « ET SI LES TEMPLES D'ANGKOR NOUS RÉVÉLAIENT LE PLUS GRAND SECRET DE L'HISTOIRE DE L'HUMANITÉ ? »
   « UNE INCROYABLE QUÊTE À TRAVERS L'ASIE DU SUD-EST ! » 

***

     Nous étions en février 2018, lors d'un séjour familial au Viêtnam.

    C’est à cette époque que s’est affirmée ma volonté d’écrire cette histoire que je gardais en moi depuis longtemps et dont le Cambodge serait le thème central. D’ailleurs, les trente premières pages existaient déjà, elles dormaient paisiblement dans un tiroir depuis plus de cinq ans. Il ne manquait plus qu’une étincelle pour que ce projet se lance pour de bon.

    C’est en 2018 donc, au Viêtnam — pays où j’ai vécu plus de trois ans (en deux longs séjours) dans les années 2000 —, que la décision fut prise. Les plages de sable fin de Mui Né (Sud-Viêtnam), les cocotiers, les températures estivales de février (en contraste avec le froid glacial qui régnait alors en France), ainsi que nos retrouvailles avec treize membres de ma belle-famille vietnamienne, ont créé les conditions idoines pour que je me motive à concrétiser ce vieux projet que je croyais alors presque irréalisable.

     Après un retour au pays rendu difficile par le froid (le ressenti atteignait -18 °C à Lyon), je n'ai pas hésité une seconde à attaquer ce qui allait devenir mon premier roman, "La déesse Apsara".

    Plongé corps et âme dans l’écriture durant toute l’année 2018 et le début de 2019, j’avais le sentiment de tenir une histoire hors du commun. Certes, ni le style ni le genre n’avaient vocation à révolutionner la littérature  l'histoire d’un homme entraîné dans une quête à travers l'Asie du Sud-Est dans l'objectif de découvrir un secret qui pourrait bouleverser l’humanité ! , mais je tenais là quelque chose qui, j'en étais convaincu, marquerait mes futurs lecteurs. En outre, j'alliais ma passion de la littérature (en particulier les thrillers) et celle du Cambodge, pays que je n'avais pourtant visité qu'une seule fois à cette époque (en 2002), mais qui m'avait marqué au fer rouge. 
    Ce voyage me semblait loin, mais durant les quinze années qui suivirent, je dévorais tout ce qui se rapportait aux temples d'Angkor, à l'Empire khmer et... aux Apsaras !

   Les rois d’Angkor et leur empire, du IXe au XVe siècle, n’avaient alors presque plus de secrets pour moi. Pourtant, il me manquait quelque chose. Et cette chose, c'était d'appréhender la genèse de cette puissance qui domina l’Asie du Sud-Est pendant plus de six siècles. À l’époque où Paris n’était qu’une bourgade, la ville d’Angkor comptait entre 700 000 et 900 000 habitants. 

     L’histoire de cet empire déchu d’Extrême-Orient (Angkor s’effondra à partir de 1431 avant d’être englouti par la forêt tropicale, puis presque oublié jusqu’au XIXe siècle) ne pouvait que nourrir l’imagination du passionné de vieilles pierres et de cités perdues que j'étais. Qui plus est, la légende des Apsaras, ainsi que leur représentation terrestre sous la forme de magnifiques danseuses qui régalent notre regard aujourd'hui encore, sont autant de merveilles que je rêvais de raconter un jour dans un livre. C’est ainsi qu’est née l’idée de révéler le « véritable » secret d'Angkor Vat, des Apsaras et... de l'humanité tout entière ! Un secret que j'étais le seul à connaître, évidemment 😊 (le privilège de l'écrivain).


    C'est le moment de poser la question fondamentale : 
    Et vous, vous voulez le connaître ce secret ?? 
    Allons, allons ! Un peu de patience. Vous savez maintenant où il se trouve, hein ? Spoiler alert : À la fin de « La déesse Apsara » !

    Et comme beaucoup de lecteurs avant vous, vous pourriez bien être surpris par le dénouement et vous dire : « Ah ! Mais… cela explique tout ! » ou plutôt : « Pourquoi pas ? Cette théorie n’est pas plus improbable que certaines hypothèses scientifiques ou croyances religieuses. » 
    D'ailleurs, le journaliste et photographe français Rémi Abad, qui vit au Cambodge et travaille pour le journal Cambodge Mag, n'est pas loin de dire la même chose dans l'article qu'il m'a consacré le 2 décembre 2022 : 
     « Il fallait être pourvu d’un sacré culot, et d’un talent à l’avenant, pour décider un beau jour de prendre la plume afin de commettre un ouvrage où se côtoient Tcheou Ta Kouan, la NASA, les mythiques danseuses Apsara et un journaliste poursuivant une enquête captivante dans les temples d’Angkor. Ce premier roman haletant emmène le lecteur dans une quête aux allures de thriller que ne renierait pas Dan Brown»

     Allez, je vous mets le synopsis qui ne manquera pas d'attiser votre curiosité :

     « En 1994, un curieux incident est constaté au retour d'une mission de la Navette spatiale américaine Endeavour. Plus de vingt ans plus tard, un archéologue cambodgien est assassiné dans les locaux de la NASA. Des pistes semblent indiquer que la clé de cette énigme pourrait se trouver à Angkor, au Cambodge. Richard Morin, un journaliste lyonnais, est entraîné malgré lui dans cette quête de la vérité à travers l'Asie du Sud-Est. À la recherche d'un ami disparu, tout autant que de sa propre rédemption, il croisera des personnages hors du commun avec qui il n'aura de cesse de faire échec à la première puissance mondiale pour sauvegarder des manuscrits ancestraux. Au bout du chemin : la révélation d'un secret extraordinaire…» 

     « La déesse Apsara » est un roman d'aventures au suspense haletant qui vous transportera jusqu’aux confins de l’Extrême-Orient. De Lyon aux célèbres temples d'Angkor au Cambodge en passant par les Etats-Unis, le Viêtnam, la Thaïlande et le Laos, Richard Morin devra échapper à de nombreux ennemis et traverser des contrées sauvages au son du majestueux fleuve Mékong, voie royale qui l’aidera à se rapprocher de sa destination finale et de son ami disparu. Durant son périple, au gré de ses rencontres, de nombreuses questions viendront le hanter : 
     « - En quoi la NASA est-elle responsable de la mort de Bun Vichea ? Et que s’est-il réellement passé au retour de la mission « Endeavour » en 1994 ? 
     - Quels sont les plans machiavéliques de cette organisation créationniste de la « Bible Belt » américaine ? Richard et ses nouveaux compagnons arriveront-ils à échapper aux griffes de ces extrémistes qui ont leurs entrées à la Maison-Blanche ? 
     - Qui sont ces fameuses Apsaras ? Sont-elles réelles ou imaginaires ? Et si l’une d’elles et les manuscrits qu’elle garde pouvaient révéler au grand jour la source de la dernière lignée de l’humanité ? » 
      Des réponses que devront découvrir à n’importe quel prix Richard, Mike, Sucha, Karl et Matthew… 

     Lien vers la page du livre sur Amazon (il existe 2 formats du livre : papier à 13,50€ et numérique à 3,99€) :


Bas reliefs de danseuses Apsaras à Angkor (Photo de NHIM THIRA SC File:ជញ្ជាំងប្រាសាទ.jpg - Wikimedia Commons)


Le temple d'Angkor Vat (Image de Kheng Vungvuthy - File:Ankor Wat temple.jpg - Wikimedia Commons)


     Bon, et pourquoi ne pas carrément vous proposer le 1er chapitre du roman, tant qu'on y est ? 👇

   "Zhou Daguan (ou Tcheou Ta Kouan), né en 1266, mort vers 1346, est un diplomate chinois du temps de l’empereur Témur Khan, principalement connu par le récit d’une de ses missions, intitulé : Mémoires sur les coutumes du Cambodge. "

 I
 YASODHARAPURA 

    Après de longues minutes d’hésitation, le Chinois Zhou Daguan décida d’utiliser ses rudiments de la langue khmère pour demander à l’un des fonctionnaires du Palais, qui se trouvait à ses côtés, la signification de la gestuelle exécutée par les danseuses qui venaient d’entamer une chorégraphie des plus étranges sur la Place Royale. Depuis qu’il était arrivé au Kan Po Tche (Cambodge) quelques mois plus tôt avec sa délégation diplomatique, c’était la première fois qu’il était convié à une telle représentation à la suite de l’invitation du roi Çrindavarman. Accompagné des membres de son ambassade, il ne voulait rien rater du spectacle proposé par ces Apsaras, comme on les appelait ici. On y célébrait le passage à la nouvelle année. Ce pays riche et noble, dont la réputation n’était plus à faire, entretenait des relations diplomatiques avec son pays, l’Empire du Ciel, depuis plusieurs siècles déjà.
   Ces Apsaras ! Dans la fleur de la jeunesse, admirables à contempler, on ne pouvait considérer ces beautés sans émoi. Fines, gracieuses et aériennes, elles étaient vêtues de splendides costumes brodés d’or, parées de pierres rares et coiffées d’une tiare dorée qui allongeait leur silhouette, charmant leur auditoire par des mouvements d’une langueur délicieuse. L’œil ne se fatiguait pas, le cœur jamais rassasié était paralysé par l’émotion. 
    En ce 13 avril 1297, Zhou Daguan pouvait affirmer connaître en profondeur les mœurs et coutumes de ce peuple attachant, quoiqu’au comportement souvent barbare. Installé chez l’habitant depuis qu’il avait atteint Angkor en août 1296 après sept mois d’un voyage harassant, ce diplomate aux fonctions non officielles envoyé par l’empereur Témur Khan, s’adonnait aux plaisirs de la découverte de ce pays et de ses habitants dont il n’avait eu de cesse de chercher à comprendre le mode de vie. Extrêmement simples au premier abord selon lui, les Cambodgiens n’avaient ni nom de famille, ni nom personnel et ne tenaient pas compte du jour de leur naissance. Autre fait étrange, dès qu’ils apercevaient un Chinois, ils se jetaient à terre et se prosternaient. Mais la vie y était souvent confortable, le riz facile à gagner, les femmes faciles à trouver et le commerce facile à diriger. Tous ces arguments avaient motivé nombre de Chinois à venir s’implanter sur ces terres. 
    Le Cambodge et ses défilés royaux, ses combats d’éléphants, ses régates sur le fleuve et ses ballets enchanteurs. Malgré les ravages causés récemment par les Thaïs et les conditions qui entraînaient inexorablement le pays vers la ruine et le chaos, on ne constatait ni déprédation ni appauvrissement de la population. Depuis les débuts de l’histoire d’Angkor en 802, l’Empire khmer n’avait cessé de s’étendre à l’horizon pour y magnifier chaque région conquise.
  À la vue des nombreux temples richement ornés recouverts d’or, Zhou Daguan s’émerveillait de toute cette splendeur qui étincelait. Ici des ponts aux divinités de pierre dont les parapets étaient taillés en forme de serpents à neuf têtes, là des portes magistrales aux têtes de Bouddha qui étaient tournées vers les quatre points cardinaux ; tout rivalisait de grandeur. Le Palais Royal, dont les tuiles des appartements privés étaient en plomb, comptait une trentaine de bâtiments garnis de murs d’or et de sols pavés d’argent, embellis de statues de pierre taillée et revêtus de décors. Le Chinois regrettait seulement de ne pas avoir obtenu l’autorisation de se rendre à l’intérieur du Palais. 
   À côté du faste des demeures royales et princières, le commun du peuple ne couvrait son toit que de chaume. Ce peuple khmer, qui vivait en harmonie avec les richesses alentour, vaquait à son quotidien avec ses joies et ses peines, au son des conques et des tambours. Quant à elles, ces magnifiques Cambodgiennes portaient des tresses ou des chignons qu’elles décoraient de bijoux, se parant de colliers et de bracelets et se parfumant de santal et de musc. Habillées d’un morceau d’étoffe qui leur ceignait les reins, elles laissaient découverte leur poitrine. 

   « Les étapes de la vie ». Voilà ce que saisit Zhou Daguan lorsque le fonctionnaire qui se trouvait à sa droite finit de lui expliquer le symbolisme de la gestuelle des Apsaras. Chaque geste, chaque mouvement exprimait un sentiment. Le Chinois remercia cet homme qui semblait avoir une certaine notoriété au sein de la cour royale massée au plus près de l’estrade. Cette impression se confirma lorsque Daguan aperçut l’un des plus proches conseillers du souverain lui faire un signe amical.

  – Connaissez-vous personnellement le roi Çrindavarman ? demanda le Chinois en s’adressant de nouveau au fonctionnaire. 
    Ce dernier prit son temps avant de répondre. 
   – Nos rapports sont courtois. Mais qui peut prétendre vraiment connaître Sa Majesté ? Pour nous, il est l’équivalent de votre empereur. Je fais juste le nécessaire pour accomplir mon devoir dans l’intérêt de notre royaume. 
   Zhou Daguan n’insista pas malgré cette réponse des plus formelles. Il jeta un regard vers le roi. Quelques minutes auparavant, Çrindavarman était apparu au son d’une musique lointaine, suivi d’un mugissement de conques plus proches qui annonçait son arrivée. Alors, ministres et gens du peuple avaient joint les mains et frappé le sol du front. Quand le bruit des conques avait cessé, ils avaient relevé la tête. Daguan avait méticuleusement adopté les faits et gestes de toute l’assemblée, tout comme les membres de sa propre délégation. Lorsqu’il s’était assis, le souverain s’était accroupi de côté, relevant le genou droit, laissant tomber le genou gauche jusqu’à terre. Vêtu d’étoffes à ramages serrés, il était couronné d’un diadème d’or. Son cou, ses poignets et chevilles portaient des bracelets et bagues d’or ; il allait nu-pieds. La reine avait la place d’honneur. Mais nombre des concubines du roi étaient également présentes, même parmi les danseuses. Cette présence féminine autour du roi était permanente. 
   Une fois le spectacle terminé, le roi remonta dans sa litière en prenant soin de ne jamais mettre le pied à terre. Fouler le sol nu était bon pour les gens du commun. Le cortège défila devant l’estrade et remonta la Place pour se diriger vers le Palais Royal. La cavalerie ouvrit la marche, suivie des étendards, fanions et musiciens. Entre trois cents et cinq cents filles du palais tenaient à la main de grands cierges. Les voitures, trainées par des chevaux, étaient toutes ornées d’or. Sur leurs éléphants aux parasols rouges, les ministres et les princes suivaient, alors que les épouses et concubines du roi « voyageaient » en palanquin d’or. Le monarque ferma la marche, trônant sur le plus beau pachyderme, tenant à la main une épée, symbole de la protection du royaume. 
   Zhou Daguan savait que les fusées et pétards allaient égayer le ciel nocturne d’Angkor. Le fonctionnaire qui lui avait répondu un peu plus tôt s’approcha discrètement de lui et lui proposa de venir boire le « vin de miel » pour fêter le Nouvel An. Les centaines de privilégiés qui avaient assisté au spectacle des Apsaras sur l’estrade de plein air sur la Place Royale s’étaient éparpillés pour assister à la fin des festivités. 
    – Je vous remercie de m’avoir éclairé tout à l’heure sur les subtilités de cet art qu’est celui des danseuses célestes que vous appelez Apsaras, déclara gaiement le Chinois qui venait de finir son troisième « vin de miel » et dont les compatriotes avaient décidé de se retirer quelques instants plus tôt.
    – Vous savez mon cher ami, enchaîna le Cambodgien, nos deux cultures ont beau être très différentes, l’art, la morale et la beauté sont des valeurs universelles. Nos Apsaras expriment ce qui touche le plus le peuple khmer, c’est-à-dire la représentation la plus profonde de l’être humain. Et vous ne me croirez peut-être pas, mais nous possédons un secret qu’aucun autre royaume à travers les confins du monde n’a en sa possession. 
   Le fonctionnaire semblait lui aussi ressentir les effets enivrants du vin. 
   – Et quel secret possédez-vous alors ? en profita Zhou Daguan qui n’avait en général pas besoin qu’on lui tende la perche pour obtenir des informations. 
  – Cela, je ne peux malheureusement pas vous le dire, répondit-il joyeusement tout en s’agrippant maladroitement au coin de la table de la gargote qu’ils avaient trouvée au plus près de la Place Royale.
   D’énormes explosions jaillirent dans le ciel étoilé, illuminant les temples de couleurs magnifiques.
   – Mais vous pouvez au moins me dire qu’elle est votre fonction officielle au sein du Palais, non ? essaya le Chinois. 
    Le Cambodgien lui fit signe de s’approcher de lui, comme pour ne pas être entendu. 
   – Je ne peux vous dévoiler le secret, mon cher ami. Mais rien ne m’empêche de vous divulguer ma fonction. Je suis le grand-maître des gardiens des textes sacrés…


(Couverture originale du roman)



Retrouvez mes deux autres romans :

Kampuchéa Résilience: Stigmates de S-21 (2021):


La fugitive de Battambang (2025) :

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