Battambang, une ville au charme singulier
Chères lectrices, chers lecteurs,
Vous l'avez remarqué (enfin je l'espère), dans le titre de mon dernier roman (La fugitive de Battambang), il y a le nom propre "Battambang". Mais "Battambang", c'est quoi ? Ou plutôt, c'est où ?
Bien que seule une
petite portion du roman se déroule à Battambang (surtout dans un village tout proche), la "grande" ville de l'Ouest du Cambodge occupe une
place centrale dans l’histoire.
Présentation
Ville du nord-ouest du Cambodge, Battambang est la capitale de la province du même nom, située à la frontière avec la Thaïlande. Deuxième plus grande ville du pays, sa population est estimée à 119 251 habitants en 2019*. Depuis plus de cinq siècles, Battambang occupe une position stratégique et commerciale pour les provinces occidentales du Cambodge. En outre, elle accueille une diversité ethnique significative, comprenant notamment des populations thaïes, laotiennes, chinoises et, évidemment, khmères. Notons également la présence d'une petite population de l'ethnie "cham" (comme notre Pisey du roman), aussi appelée "Khmer Islam". Une petite mosquée se trouve sur la rive droite de la rivière Sangker.
Pour les amateurs de belles pagodes, n'ayez crainte, il y a ce qu'il faut !
Géographie
Reliant la région à Phnom Penh et à la Thaïlande, Battambang constitue un nœud vital pour le Cambodge. Le centre-ville est situé le long de la rivière Sangker.
Battambang est distante de 293 km de Phnom Penh, 117 km de Poipet (à la frontière avec la Thaïlande) et 171 km de Siem Reap et les célèbres temples du parc d'Angkor. Les routes des grands axes sont aujourd'hui de qualité et les trajets se font rapidement. Mes souvenirs de bourlingue lors de mon premier séjour dans le Royaume en 2002 m'arrachent aujourd'hui un sourire :)
Étymologie et
mythologie
Le nom « Battambang » provient du khmer et signifie
littéralement « perdre le bâton ». Selon l’interprétation la plus répandue, il
fait référence à une légende locale impliquant le géant Preah Bat Dambang
Kranhoung. Ce dernier, devenu roi, aurait lancé son gourdin en direction d’un
rival sans atteindre sa cible. L’objet serait ensuite tombé pour former le
ruisseau O Dambang, avant de disparaître dans une région éloignée qui donna
plus tard son nom à la province de Battambang. Une statue commémorative dédiée
à cette figure légendaire se trouve aujourd’hui à l’entrée de la ville (voir ci-dessous).
Histoire (en "très" bref)
Battambang, initialement intégrée à l’Empire khmer, a été placée sous l’autorité du Royaume du Siam (actuelle Thaïlande) de 1795 à 1907. Durant cette période de 112 ans, la province a été administrée par la famille thaïlandaise Abhaiwongsee. En 1907, à la suite d’un traité entre le Siam et la France, la province est passée sous colonisation française.
L’administration française a fortement modifié la ville, qui était jusqu’alors composée principalement de maisons en bois bordant la rivière, en initiant des constructions pérennes, la connexion du centre-ville à Phnom Penh par route et voie ferrée, ainsi que l’installation de commerçants chinois. Le marché principal, Phsar Nat, conçu dans un style Art déco jaune vif, a été inauguré en 1936.
Atmosphère, vie locale et patrimoine
La ville conserve une ambiance provinciale pleine de charme. Les édifices sont caractérisés par une architecture de style colonial ou traditionnels cambodgiens, et la majorité des structures ne dépassent généralement pas trois étages.
En 2018, 71,3 % des personnes employées dans la ville travaillaient dans les services – une catégorie du Département de la Planification qui inclut l'agroalimentaire, le commerce de détail, le tourisme et la construction. L'agriculture employait 27,2 % de la population et l'artisanat 1,5 %.
Par ailleurs, la province de Battambang est surnommée le « grenier à riz » du Cambodge grâce à la grande fertilité de ses terres (voir ci-dessous la fabrication de galettes de riz).
L'atmosphère paisible de la ville et de ses environs contraste avec celle des principales destinations touristiques du pays, surtout la nuit venue. À ce moment-là, on se croirait presque dans une petite ville de province. À l’exception de quelques restaurants et bars ouverts en soirée, l’offre nocturne demeure limitée. Mais on ne vient pas à Battambang pour cela, n'est-ce pas ?
Cette authenticité attire les visiteurs souhaitant s’imprégner de la culture locale, éloignés de l’effervescence de Phnom Penh ou Siem Reap, même si la ville est bien moins visitée que ces deux dernières. L’architecture coloniale française, ainsi que le marché central, constituent le reflet de l’identité urbaine de la ville.
La région de Battambang se distingue par ses paysages ruraux propices à la découverte, notamment grâce à des itinéraires accessibles à vélo. Sur ses routes cahoteuses, on découvre des scènes de vie élémentaires, des cabanes modestes et des monastères dont résonnent des chants sereins.
Culture et activités
Le centre de Battambang se caractérise par la qualité de son patrimoine architectural, soigneusement conservé.
Une visite du centre-ville permet d’observer de nombreux bâtiments datant de l’époque coloniale, en particulier dans le secteur du marché central (Phsar Nat), qui constitue à lui seul un exemple représentatif de l’architecture Art déco des années 1930.
À proximité, l’ancienne résidence du gouverneur, construite au début du XXe siècle, témoigne également de cette période historique.
Parmi les expériences à ne pas manquer dans les environs, le train de bambou (« norry » en khmer) se distingue par son originalité : il s’agit d’une plateforme motorisée en bambou qui roule sur des rails, permettant de découvrir la campagne sous un angle unique.
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